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artiste vidéaste - plasticien

Antoine Ronin

Antoine Ronin débute sa pratique artistique dans le monde de la peinture et du dessin. Il s’empare de l’espace public en 2008 avec ses productions qu’il plaque comme des affiches au mur. Dimension performative ou documentaire, il se met à filmer ces actions. Une nouvelle essence artistique est née : la captation vidéo. Dès lors, elle devient la matière première de sa création, un matériau brut à façonner comme l’on pratique la sculpture et la peinture. Depuis quelques années maintenant, Antoine Ronin explore avec audace et diversité les multiples facettes de cette captation, oscillant entre formats courts et déployés, jonglant parfois avec les genres du documentaire, de la narration et de la plasticité artistique, sans jamais craindre de les entremêler parfois. Les vestiges de paysages banlieusards ou berlinois et “les soirées clubs”, transparaissent certainement dans la sémantique et l'esthétique de ses œuvres, imprégnées d'une dimension sociale et politique palpable, tant dans le processus créatif que dans réflexion quant à la réception par le public. Je pense que Antoine Ronin incarne cette citation de Léonard Cohen : "C'est par la faille que jaillit la lumière". Une réflexion éloquente sur la manière dont l'artiste révèle les abysses cachées, peignant un monde avec la lumière à travers son travail. Jessy Ganghateregedere

Alice Coquelle

artiste plasticienne - textile

Artiste pluridisciplinaire, Alice Coquelle travaille principalement dans l’univers du textile ; le tricot, la couture, la broderie, le dessin, la peinture sur tissu ou le patchwork, qu’elle combine parfois avec l’enregistrement audio, l’installation, l’objet, la performance ou encore le dessin. Elle aborde des thématiques aussi bien personnelles qu’universelles, autour de sujets intimes, liés à l’enfance, la famille, la Maison, le souvenir et la transmission. L’artiste emprunte tantôt des traces de son passé, à la manière de Mythologies personnelles, tantôt laisse la parole aux autres - à travers des conversations. Sa démarche artistique renvoie aussi à des gestes ancestraux de conservation et de collection, préservant ainsi une mémoire, la réécrivant parfois. De la collection d’objets à la flânerie au Marché aux puces, en passant par l’héritage ou le vestige d’un temps, les composants de sa création sont d’ores-et-déjà chargés d’histoires. Un épanouissement ou un réconfort dans la nostalgie aussi palpable que les leçons qu’elle enseigne et les émotions qu’elle ravive. Au sein de cette atmosphère nostalgique, des souvenirs s’éveillent de couleurs à la façon de portraits réalisés en assemblage et techniques mixtes, de maisons flottantes et modulables en textile, de dessins brodés sur tissu, remplis d’une lueur enfantine. A la croisée de ses formes singulières, Alice ne cesse de conter dans ses œuvres, les forces d’une transmission intergénérationnelle, à la recherche d’une mémoire ressuscitée ou éternelle. En témoigne sa nouvelle série-portrait, Maman, allégorie de la figure maternelle, portée par des objets divers, des inscriptions, du textile, de l’amour et de la reconnaissance. Serviette de bébé, sequin par-ci, boutons pas-là, elle continue d’articuler son art entre artisanat et esthétique contemporaine associé au kitsch, tout en conservant une profondeur visuelle narrative. Toutes ces histoires partagées sont en perpétuel mouvement dans la démarche de l’artiste, qui apprécie à collaborer avec les publics et les intégrer dans ces ateliers, créateurs d'œuvres collaboratives. D’un point de vue panoramique, le travail de Alice Coquelle joint une certaine dimension sociale à son travail en intégrant des histoires partagées, des objets personnels : figurines, pims, perles, etc., des fragments de la vie quotidienne, des matériaux recyclés dans ses œuvres. Dans une approche primant le collectif et la tolérance, les œuvres de l’artiste semblent mettre en lumière la diversité des expériences humaines tout comme leurs ressemblances. Elle enivre avec son Oeuvre, pour finalement parvenir à la quête infinie de soi, de l’Autre. Une exploration abyssale où les récits jaillissent et oscillent d’une personne à l’autre, d’une génération à l’autre. Jessy Ganghateregedere

Park Chae Biole

artiste plasticienne - installation et son

De la mobilité au paysage, en passant par le corps, la démarche artistique de Park Chae Biole s’élabore comme une écriture inclusive. Elle implique également l’économie de moyen dans ses créations puisqu’elle utilise parfois des matériaux de seconde main composés ensuite par une pratique du bricolage. Entre esthétique et fonctionnalité, elle tente de faire une proposition au visiteur en lui offrant de nouveaux points de vue, tantôt en s’amusant de la transparence, tantôt en jouant avec les hauteurs, comme c’est le cas avec ces peintures sur stores ou bien ces maquettes montées sur roulette. A travers ces peintures sur store en bambou, l’artiste réalise une véritable cartographie de ses déplacements, au gré de ses rencontres géographiques, où l’esthétique optée d’un non finito soulignent davantage la notion de passage. La mobilité quant à elle, converge implicitement autour des maquettes: «J’aime bien me dire que les maquettes soient des expositions, des sculptures en tant que telles et que si des gens ne peuvent pas se déplacer , je peux leur apporter quelque chose à voir, ça m’intéresserait de les emmener dans d’autres lieux où les gens ne peuvent pas forcément se déplacer : à l’hôpital par exemple.» P.C.B. Toujours soucieuse du visiteur, l’artiste crée récemment les «whispering hammocks» lors d’une résidence à la Fabrica. A l’essence ambivalente, ces oeuvres sont alors point d’ancrage et voyage en même temps.

Katé Araóz

artiste peintre

L’Oeuvre de Katé Araoz s’apparente à la méditation : elle en est la patience et l’observation, mais aussi le caractère sensoriel. Peindre comme on médite, sous la forme de la fluidité et de la transparence, on découvre dans son travail l’iconographie d’un univers organique, habité par le temps. S’y rencontre quelques part les éléments naturels élémentaires, empruntés de son environnement artistique, matière première de son Oeuvre, un pistachier aux Jardins des Plantes de Paris, ou les souvenirs des montagnes de Bolivie, comme dans un registre botanique : regard sur l’évolution, nuances, points de vues, graphisme. Il s’agit davantage d’un sens de l’écoute que d’une stricte représentation, déclinant inlassablement ce même thème avec des intonations et des méthodes variables, à la manière d’exercices de phytologie répétés. Les techniques de l’acrylique diluée ou du pointillisme sur papier, de la cire de marbre en support rendent imperceptible le geste tout en insinuant du relief. Katé Araoz intègre et enregistre dans sa matière l’image et le support comme des indicateurs du sensible, des cartographies ou des états d’âmes. Quant à la facture de l’artiste, elle se prête à la justesse, à la poésie, qui participent également de la perception et de la vie de l’oeuvre. La sérénité n’est jamais très loin de ces nuances abyssales : la vie y est présente, figurée comme allégorie, ou suggérée par le rythme des saisons comme dans la série cartographie sensible d’un arbre ; été, printemps, automne, hiver , par l’impermanence avec la série penser comme une Montagne. la respiration et le paysage sont d’autres thèmes que l’on croise dans cet univers et qui débouchent parfois sur une vision plus globale, un positionnement politique ou simplement un regard citoyen et sensible.

Sarah Bogard

artiste pluridisciplinaire

La pratique artistique de Sarah Bogard est une invitation à un univers indomptable qui se saisit du changement d’état en raison du temps, sinon du mouvement. La photographie, la sérigraphie, la vidéo, la peinture ou les Poscas et plus récemment l’impression par cyanotype, sont autant de médiums qu’elle utilise et qu’elle charge de mêmes intentions et thématiques : la spontanéité, le voyage, le partage, l’essai, la joie de vivre, etc. Curieuse dans l’âme, l’artiste n’hésite pas à s’adonner à de nouveaux médiums, aussi bien qu’elle s’ouvre à l’autre. Un “autre”, à qui elle donne une grande importance dans sa démarche artistique et parfois même ses processus de créations. De cette manière, Sarah Bogard nous livre des œuvres où se confondent intime et universel sur des territoires abstraits ou figuratifs. A la rencontre de son Oeuvre, le visiteur est tantôt placé en position d’explorateur tantôt de confident, qui navigue au milieu de créations douces et d’histoires cachées. Sarah Bogard cherche ses représentations aussi bien dans un paysage d’ensemble, que dans l’épaisseur d’éléments insignifiants. C’est par la modification du cadrage, au changement d’échelle et de contexte, qu’elle efface toute trace de repère. Ainsi, nous vivons l’instant, ce qui provoque rêverie, poésie et imagination. L’artiste dit à propos de sa pratique ; « Le voyage, l’imaginaire, l’erreur et l’échange sont les mots clés qui rythment ma pratique. »